Couleurs d'Istanbul
Capitale Européenne
de la Culture

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?
En ce moment même, il pleut des cordes ici,et si je pense à Verlaine certains en souffrent.
Alors que vous êtes nombreux à vous inquiéter pour nous, je vous livre ici les premières lignes du roman d'Elif Shafak, la bâtarde d'istanbul et vous remercie au nom de
tous.
"Qu'importe ce qui tombe du ciel, jamais nous ne devons le maudire. Pas même la pluie.
Qu'importe la violence de l'averse, la froideur de la neige fondue, jamais nous ne devons blasphémer contre ce que le ciel nous réserve.
Personne n'ignorait cela. Pas même Zeliha.
Pourtant, en ce premier vendredi de juillet, elle filait sur le trottoir s'écoulant le long de la chaussée embouteillée, en retard à son rendez-vous, jurant comme un charretier et claquant des
talons, furieuse contre l'homme qui s'était mis à la suivre, contre les automobilistes qui appuyaient frénétiquement sur leur klaxon alors que tout citadin savait que le bruit n'avait aucun effet sur le trafic, contre tout l'empire ottoman, qui avait conquis constantinople et persisté dans son erreur, et enfin contre la pluie... cette foutue pluie d'été."
Mais ça ira, et les champignons vont sortir..
Et après la pluie le beau temps!